Réchauffement climatique : Les effets sur la santé se multiplient, alerte The Lancet

Le rapport le plus récent sur les conséquences du changement climatique sur la santé, publié par la revue scientifique The Lancet, a été rendu public le mardi 29 octobre. Les chercheurs soulignent que 10 des 15 indicateurs utilisés pour évaluer les menaces du changement climatique sur la santé atteignent des « niveaux alarmants ».
« En raison d’un changement climatique rapide, les populations du monde entier sont confrontées à des menaces inédites pour leur bien-être, leur santé et leur survie. » Ce rapport annuel, élaboré en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et de nombreux experts, met en lumière une situation préoccupante.
Les auteurs de l’étude sont catégoriques : « Parmi les 15 indicateurs surveillant les risques sanitaires associés au changement climatique, dix ont atteint des niveaux records. » Ils notent une augmentation significative des décès liés à la chaleur.
En 2023, la population a été exposée en moyenne à 50 jours supplémentaires de chaleur extrême, jugée dangereuse pour la santé, par rapport à ce qui aurait été observé sans changement climatique. Cette même année, les décès dus à la chaleur parmi les personnes âgées de plus de 65 ans ont atteint des sommets, enregistrant une augmentation de 167 % par rapport aux années 1990.
La chaleur a également eu des répercussions économiques. Les chercheurs rapportent une « perte record de 512 milliards d’heures de travail potentiels en 2023, ce qui correspond à 835 milliards de dollars (environ 772 milliards d’euros) de revenus perdus ». Les pays les moins développés, en particulier leur secteur agricole, en ont souffert davantage.
Les vagues de chaleur et la sécheresse ont accru l’insécurité alimentaire, touchant 151 millions de personnes supplémentaires dans 124 pays en 2022 par rapport à la période de référence 1981-2010. En 2023, 48 % des terres ont été affectées par au moins un mois de sécheresse, alors que ce chiffre n’était que de 15 % dans les années 1950.
L’étude souligne que « le changement climatique aggrave l’insécurité alimentaire et la malnutrition en diminuant les rendements agricoles, en réduisant la capacité de travail et l’accès à l’eau, en perturbant les chaînes d’approvisionnement et en altérant les ressources maritimes à cause de l’augmentation des températures des mers côtières ».
Une augmentation des événements climatiques extrêmes
Le rapport de The Lancet révèle également une hausse des événements climatiques extrêmes.
Les températures en hausse et l’intensification des sécheresses, dues au changement climatique, accroissent les risques d’incendies de forêt. Ces incendies impactent directement la santé physique et mentale par le biais de brûlures et de l’exposition à la fumée, mais aussi indirectement à travers les dommages causés aux infrastructures et l’interruption des services.
Les inondations se produisent également plus fréquemment. Au cours de la dernière décennie, 61 % des surfaces terrestres mondiales ont enregistré une augmentation des précipitations extrêmes par rapport à la moyenne observée entre 1961 et 1990.
Les pertes économiques dues à ces événements météorologiques extrêmes ont crû de 23 % entre 2010 et 2023, atteignant 227 milliards de dollars l’an dernier. Dans les pays développés, ces dommages sont souvent couverts par des assurances, ce qui n’est pas le cas dans les pays en développement.
Une transmission accrue des maladies
Le changement climatique favorise également la propagation de certaines maladies telles que la dengue, le paludisme et le virus du Nil, touchant de nouveaux territoires.
Le risque de transmission de la dengue par le moustique tigre a ainsi augmenté de 46 % au cours de la dernière décennie par rapport aux années 1950. Un record a été atteint en 2023, avec 5 millions de cas de dengue rapportés dans plus de 80 pays ou territoires.
La France n’échappe pas à ce phénomène. Au 1er janvier 2024, le moustique tigre était présent dans 78 des 96 départements métropolitains. Jusqu’en 2022, le nombre d’infections sur le territoire métropolitain était resté sous le seuil du millier. Cependant, en 2023, on a comptabilisé 2 524 cas importés et 45 cas autochtones.
La tendance s’accélère rapidement, avec 4 042 cas importés et 85 cas autochtones signalés entre le 1er janvier et le 29 octobre 2024.




