Vente de Doliprane : les assurances de la présidente de Sanofi France

Économie. Plusieurs syndicats de Sanofi ont déclenché une grève pour exprimer leur mécontentement face à la vente de sa filiale Opella. Ce jeudi 17 octobre, la présidente de Sanofi France, Audrey Duval, a assuré sur RTL que « les emplois » et les sites de production, ainsi que le Doliprane, seraient maintenus.
Audrey Duval a réagi aux préoccupations exprimées par les syndicats au sujet de la potentielle cession d’Opella, une division spécialisée dans les produits de santé sans ordonnance, qui commercialise environ cent marques, dont le célèbre Doliprane. Cette entité serait vendue à un fonds d’investissement américain, CD&R. « Je comprends les inquiétudes, » a-t-elle déclaré. « Nous les entendons, et il est normal qu’elles se manifestent, surtout à ce stade d’une opération qui n’est pas encore finalisée. Ainsi, le dialogue social et les négociations n’ont pas encore débuté. »
Elle a affirmé sa garantie concernant la disponibilité du Doliprane en pharmacie pour les Français, ainsi que la « pérennité » des emplois et des sites de production en France sur « plusieurs années ». Cette déclaration survient alors que la CFDT et la CGT ont appelé à une grève reconductible à partir d’aujourd’hui. Les syndicats s’inquiètent d’une possible « casse sociale » pour les 1 700 employés d’Opella en France, dont 500 à Compiègne et 250 à Lisieux, ce dernier site étant entièrement consacré à la production de Doliprane. Les grévistes prévoient de se mobiliser particulièrement sur ces deux sites.
Maintien de la direction en France
Concernant la vente envisagée, qui est encore en discussion, Audrey Duval a précisé que Sanofi garderait une participation de 50 % dans Opella, ce qui lui accorde un « droit de veto » sur des décisions stratégiques, notamment celles liées au Doliprane. Elle a également souligné que le siège d’Opella, ainsi que son équipe dirigeante et ses employés, resteraient en France.
Cette semaine, le gouvernement a exigé des assurances concernant le maintien des emplois et la localisation des sites de production. « Nous ne cherchons pas à bloquer la vente, mais à obtenir des engagements clairs par le dialogue. Si ces engagements ne sont pas fournis, nous envisageons d’autres actions, » a déclaré Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement.
Pressions politiques sur la vente
Au sein de l’opposition, les appels à empêcher la vente se multiplient. Le député socialiste Boris Vallaud a affirmé sur Public Sénat que l’État dispose des outils nécessaires pour s’assurer que ses intérêts soient respectés, évoquant notamment le décret Montebourg, qui pourrait interdire la vente. Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a également soutenu que ce décret pourrait être utilisé pour garantir la souveraineté française.
Interrogé mardi dans Les Echos sur une éventuelle entrée au capital d’un acteur public comme Bpifrance, Frédéric Oudéa, président du conseil d’administration de Sanofi, a assuré que « tous les sujets sont à l’étude ». Cependant, Audrey Duval a précisé ce jeudi que « Bpifrance n’est pas notre préférence ».
Opella a produit jusqu’à 450 millions de boîtes de Doliprane en 2023 pour le marché français. De plus, 20 millions d’euros sont investis sur le site de Lisieux pour augmenter la production de 140 millions de boîtes par an d’ici 2026. Le Doliprane est principalement vendu en France, qui représente 97 % de ses ventes, même si ce pays ne compte que pour environ 10 % des ventes totales d’Opella, son deuxième marché étant les États-Unis. En plus du Doliprane, Opella distribue également d’autres marques en France, telles que Dulcolax, Lysopaïne, Maalox et Novanuit.




